LE POLYGONE

Le Polygone est une partie de Strasbourg coincée entre l’aérodrome éponyme et le quartier du Neuhof. Il a la particularité d’accueillir aujourd’hui des Familles du Voyage très diverses, puisque l’on y croise des Yéniches alsaciens, des Manouches, des Gitans espagnols et quelques Roms. Il est composé de deux cités d’habitat social individuel : la cité des Aviateurs et la cité des Musiciens. La population est composée d’environ 250 familles pour un millier d’habitants.

Des documentaires sur l’histoire du Polygone

L’aire d’accueil de 1974
La fin du voyage

Le voyage infini

Le livre « Polygone en Force »
Livre écrit par Eric Faure : Deux rénovations urbaines de taille ont reconfiguré totalement un quartier entier, événement majeur dans l’histoire contemporaine de Strasbourg. Le Polygone a gagné le droit à une reconnaissance pleine et entière dès lors que la politique de la ville affirma son ambition d’en faire un « quartier comme les autres ». Ainsi, le Polygone se dévêt de son image aéro-militaire, la seule ayant retenu l’attention des historiens , pour devenir un vrai quartier strasbourgeois riche d’une histoire originale et unique.
Raconter l’histoire moderne du Polygone, c’est s’ affranchir de tout apparat architectural, puisque inexistant, pour se concentrer sur l’aventure humaine.
Cette aventure prend naissance dès 1946 pour évoluer au fil des décennies. Cité d’urgence, cité provisoire, quartier défavorisé, selon les terminologies successivement utilisées dans le langage administratif, le Polygone est avant tout un quartier ouvrier. Mais pas seulement. Le lecteur découvrira au fil de pages de ce livre toute la complexité des installations familiales qui se sont succèdes en un demi siècle. Il découvrira, à travers ces installations, l’existence d’une population méconnue et souvent rejetée : les Gens du voyage. Cette population du Polygone, à l’origine composée d’Alsaciens à la rue puis de réfugiés d’Algérie, s’est modifiée petit à petit avec l’arrivée de familles de Yéniches, de Manouches et de Gitans espagnols. Il y a autant d’histoires du Polygone qu’il y a d’histoires familiales et tenter de dégager un destin commun est un des paris de ce livre.
La forme de ce livre a autant de sens que le fond. Dire l’histoire de ce quartier équivaut à mettre ce livre sur la place publique. Et son auteur au centre des regards. Il était primordial que cette histoire puisse être accessible à tous et d’abord aux habitants eux-mêmes. La présence de dessins s’appuyant sur des scènes réelles du Polygone permet de détourner les interdits culturels qui auraient parfois prévalu à la diffusion de telle ou telle photo et rend l’ouvrage en tout ou partie accessible à tous, quand tous n’ont pas un accès facile à l’écrit. La présence nommée des habitants (quand elle est possible) est une façon d’inscrire les familles dans cette histoire. Avec le risque assumé de quelques omissions !
Élargir cette étude aux persécutions ainsi qu’à certains éléments culturels des Voyageurs sédentarisés, comme la religion, l’école ou la musique semblait couler de source et est en cohérence avec l’objet premier de ce livre.
Les bouleversements urbains de ces dix dernières années se sont chargés d’effacer progressivement toute trace du passé et aucun habitant du Polygone n’a pu faire, à ce jour, le deuil d’un univers définitivement rasé par les engins de chantier. Ce livre se veut donc un premier témoignage de ce monde disparu, en appelant d’autres, afin que cette histoire strasbourgeoise prenne toute sa place dans le patrimoine alsacien.
Le Polygone à la télévision

Deux ou trois choses sur les Tsiganes de Strasbourg: le Samudaripen
Le génocide des Tutsis : témoignage recueilli à Lupovino

Les évangéliques